Coreutils sur Windows : Microsoft apporte 75 commandes Linux sans WSL

Cinematic digital art, ultra-detailed. A giant Linux penguin (Tux) stepping through a glowing portal into a Windows blue cityscape, carrying a terminal command prompt glowing neon green. Dark stormy sky, dramatic neon lighting, blue and green tones. Bold white glowing text reads: "COMMANDES LINUX SUR WINDOWS". Style: hyper-realistic cyberpunk, dark atmosphere, cinematic lighting, 4K, 16:9. --ar 16:9 --style raw --v 7

Coreutils sur Windows : Microsoft vient de changer les règles du jeu. Le 2 juin 2026, lors de la conférence Build, le géant américain a annoncé l’arrivée native de plus de 75 commandes Linux directement dans Windows. Sans WSL. Sans machine virtuelle. Juste une commande à taper. Et ça change tout pour des millions d’utilisateurs.

Voici pourquoi ça vous concerne — même si vous ne savez pas ce qu’est un terminal.

Coreutils sur Windows : qu’est-ce que c’est exactement ?

Depuis des décennies, Linux repose sur un ensemble d’outils fondamentaux. On les appelle les GNU Coreutils. Ce sont des commandes simples en apparence : ls pour lister des fichiers, cp pour copier, grep pour chercher du texte, cat pour lire un fichier. Des réflexes pour tout professionnel de l’informatique ou de la cybersécurité.

Pourtant, sous Windows, ces commandes n’existaient tout simplement pas. En effet, les développeurs devaient installer des couches de compatibilité compliquées, comme WSL (Windows Subsystem for Linux), pour retrouver cet environnement familier. C’était un aller-retour constant, une perte de temps, une source d’erreurs.

Aujourd’hui, Microsoft propose une solution propre. Elle s’appelle Coreutils pour Windows, et elle repose sur un projet open source baptisé uutils — une réécriture complète des commandes GNU en Rust, un langage réputé pour sa sécurité et ses performances. Autrement dit, on n’a pas simplement copié du code Linux. On a tout reconséruit, plus solide.

75 commandes, une seule installation

Le chiffre est éloquent : 75 utilitaires en ligne de commande arrivent d’un coup sur Windows. Parmi eux, des indispensables du quotidien informatique :

  • ls — lister le contenu d’un dossier
  • cp — copier des fichiers
  • mv — déplacer ou renommer
  • grep — rechercher du texte dans des fichiers
  • cat — afficher le contenu d’un fichier
  • find — localiser des éléments dans le système
  • kill — arrêter un processus
  • uptime — connaître le temps de fonctionnement du système

L’installation est d’une simplicité désarmante. Une seule commande via WinGet, le gestionnaire de paquets officiel de Windows : winget install Microsoft.Coreutils. C’est tout. Pas de configuration complexe, pas de redémarrage.

Qui est derrière ce projet ?

L’histoire est savoureuse. Le projet uutils est né comme un hobby pendant la période Covid. Un développeur voulait apprendre le langage Rust. Il a décidé de réécrire les commandes Linux de zéro. Des années plus tard, son code se retrouve projeté derrière le PDG de Microsoft, Satya Nadella, sur scène à Build 2026. Par conséquent, ce qui semblait être un projet amateur est devenu une brique officielle de l’écosystème Windows.

Microsoft a forké ce projet open source — c’est-à-dire créé sa propre version — et l’a packagé avec findutils et grep pour en faire un binaire unique, installé en un clic. Néanmoins, le géant garde un œil sur les conflits potentiels : certains noms de commandes peuvent entrer en collision avec des alias de CMD ou PowerShell. Microsoft en est conscient et le précise dans la documentation officielle.

Pour en savoir plus sur l’annonce officielle, consultez l’article détaillé sur IT-Connect qui revient sur tous les détails techniques de cette nouveauté.

Pourquoi c’est un tournant pour la sécurité informatique

Ce mouvement n’est pas qu’une question de confort. C’est un signal fort. Depuis des années, la ligne entre Windows et Linux s’efface. Les professionnels de la cybersécurité travaillent souvent sur les deux systèmes. Ils utilisent des outils Linux pour analyser des menaces, scanner des réseaux, investiguer des incidents. Pouvoir faire ça nativement sous Windows, sans couche intermédiaire, c’est un gain énorme.

Ainsi, l’arrivée de Coreutils sur Windows réduit aussi la surface d’attaque liée aux incompatibilités. Moins de bidouilles, moins de couches logicielles rajoutées manuellement, moins de failles potentielles. En effet, chaque couche de compatibilité ajoutée est une porte supplémentaire pour un attaquant. Rust, lui, est conçu pour éliminer les erreurs mémoire — une des principales causes de vulnérabilités dans les logiciels.

Comment profiter de Coreutils sur Windows ? Les étapes simples

Vous n’êtes pas développeur ? Ce n’est pas un problème. Voici comment tirer parti de cette nouveauté en quelques étapes :

  1. Ouvrez PowerShell ou le Terminal Windows en mode administrateur (clic droit → Exécuter en tant qu’administrateur).
  2. Tapez la commande d’installation : winget install Microsoft.Coreutils et appuyez sur Entrée.
  3. Attendez la fin de l’installation — quelques secondes suffisent.
  4. Testez immédiatement avec une commande simple : tapez ls pour voir la liste des fichiers du dossier courant.
  5. Consultez la documentation Microsoft pour connaître les commandes disponibles et leurs éventuels conflits avec PowerShell.

La courbe d’apprentissage est douce. Ces commandes sont précises, rapides, et décrites dans des milliers de tutoriels en ligne. De plus, elles fonctionnent de la même façon que sur Linux — vos scripts deviennent portables entre systèmes.

Et demain, quand Windows sera vraiment multiplateforme ?

Microsoft ne cache plus ses ambitions. L’écosystème Windows s’ouvre, pas à pas, vers un monde où les frontières entre systèmes d’exploitation s’effacent. Coreutils sur Windows est une brique de plus. Après WSL, après l’intégration de Python directement dans le Microsoft Store, voilà que les outils fondamentaux de Linux s’installent en ligne de commande. La convergence est en marche.

Pour un professionnel de la cybersécurité, c’est une excellente nouvelle. Un environnement unifié, c’est un environnement mieux maîtrisé. Et un environnement bien maîtrisé, c’est un environnement mieux protégé. Pourtant, vigilance : plus ces outils sont accessibles, plus ils peuvent aussi être utilisés à mauvais escient. La connaissance reste la meilleure défense.

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